Le deuil : quand la kinésiologie accompagne ce que l’on doit apprendre à laisser derrière soi
Le deuil : quand la kinésiologie accompagne ce que l’on doit apprendre à laisser derrière soi
Lorsque l’on parle de deuil, on pense généralement à la perte d’un être cher. Pourtant, le deuil ne concerne pas uniquement la mort. Au cours d’une vie, nous pouvons être amenés à traverser de nombreux deuils : celui d’une relation, d’un projet, d’une période de notre vie, d’un travail, d’un lieu, d’une amitié, d’une certaine image de nous-même ou encore de ce que nous avions imaginé vivre.
Certaines pertes sont visibles et reconnues par notre entourage. D’autres le sont beaucoup moins. Pourtant, elles peuvent provoquer un véritable bouleversement intérieur.
Faire son deuil ne signifie pas oublier, effacer ou nier ce qui a existé. Il s’agit progressivement de faire une place à ce qui s’est passé, d’intégrer la perte et de retrouver la possibilité d’avancer, sans que celle-ci occupe constamment tout l’espace émotionnel.
La kinésiologie peut alors constituer un accompagnement complémentaire pour mettre en lumière ce qui reste difficile à traverser et aider la personne à retrouver progressivement un nouvel équilibre.
Le deuil ne concerne pas uniquement la perte d’un proche
Nous associons spontanément le mot « deuil » au décès. Il existe pourtant de nombreuses situations dans lesquelles un processus de deuil peut se mettre en place.
Cela peut être :
- la fin d’une relation amoureuse ;
- l’éloignement ou la perte d’une amitié ;
- un changement professionnel ou la perte d’un emploi ;
- un déménagement ;
- l’abandon d’un projet important ;
- un changement familial ;
- la fin d’une période de vie ;
- la perte d’un rêve ou d’un espoir ;
- une situation que l’on aurait profondément aimé vivre et qui n’a finalement jamais existé.
Ce dernier point est parfois particulièrement difficile à comprendre.
Comment faire le deuil de quelque chose que l’on n’a jamais réellement eu ?
Pourtant, nous pouvons être profondément attachés à une possibilité. À une relation telle que nous l’avions imaginée. À une famille que nous pensions construire. À un projet professionnel. À une version future de notre vie. À ce que nous pensions qu’une personne pourrait devenir ou à ce que nous espérions encore recevoir d’elle.
La douleur ne vient donc pas toujours uniquement de ce qui a été perdu. Elle peut également venir de l’écart entre ce qui a été vécu et ce que nous aurions voulu vivre.
Et cette perte-là mérite elle aussi d’être reconnue.
Pourquoi est-il parfois si difficile de tourner la page ?
Nous entendons souvent des phrases telles que : « Il faut passer à autre chose », « Tu dois avancer » ou encore « Ça fait déjà plusieurs mois ».
Mais les émotions ne suivent pas un calendrier.
Il est tout à fait possible de comprendre intellectuellement qu’une situation est terminée tout en continuant à la ressentir très fortement émotionnellement.
On peut savoir qu’une relation ne nous convenait plus et continuer à éprouver de la tristesse.
Savoir qu’une décision était nécessaire et ressentir malgré tout du manque.
Être convaincu qu’un projet devait s’arrêter et avoir du mal à accepter ce qu’il représentait.
C’est justement l’une des particularités du deuil : plusieurs émotions apparemment contradictoires peuvent coexister.
On peut ressentir de la tristesse et du soulagement. De la colère et de l’attachement. Du manque et l’envie de ne jamais revenir en arrière.
Il n’est pas nécessaire de choisir entre ces émotions. Elles racontent simplement différentes dimensions de ce qui a été vécu.
Les différentes étapes du deuil : des repères plutôt qu’un parcours obligatoire
On parle régulièrement des « étapes du deuil » : déni, colère, marchandage, tristesse puis acceptation.
Ce modèle peut apporter des repères, mais il est important de ne pas le considérer comme une succession d’étapes obligatoires à franchir dans un ordre précis.
Le processus de deuil est rarement linéaire.
Une personne peut avoir l’impression d’aller beaucoup mieux pendant plusieurs semaines avant qu’une date, une chanson, une rencontre, une photographie ou un souvenir ne fasse remonter une émotion.
Cela ne signifie pas qu’elle revient au point de départ.
Le processus évolue simplement à son propre rythme.
L’objectif n’est donc pas de réussir son deuil « correctement » ou rapidement. Il s’agit davantage de pouvoir traverser progressivement ce qui se présente, sans se juger pour ce que l’on ressent.
Quand quelque chose semble rester bloqué
Certaines personnes ont l’impression de ne pas parvenir à avancer malgré le temps qui passe.
La situation est terminée, mais elle continue à occuper énormément de place : pensées répétitives, colère persistante, culpabilité, incompréhension, difficulté à accepter, besoin permanent d’obtenir des réponses…
Parfois, nous essayons également de trouver la phrase, l’explication ou l’information qui permettra enfin de comprendre.
Pourquoi cela s’est-il passé ainsi ? Pourquoi cette personne a-t-elle agi de cette manière ? Qu’aurais-je pu faire différemment ?
Chercher du sens peut être nécessaire. Mais il arrive aussi que toutes les réponses ne soient jamais disponibles.
Le travail de deuil implique alors progressivement d’accepter cette part d’inachevé.
Non pas parce que ce qui s’est passé n’a plus d’importance, mais parce que notre capacité à avancer ne peut pas toujours dépendre d’une réponse extérieure.
Quelle place peut avoir la kinésiologie dans l’accompagnement du deuil ?
La kinésiologie ne remplace ni un suivi médical ni un accompagnement psychologique lorsqu’ils sont nécessaires. Elle peut cependant être utilisée comme approche complémentaire dans l’accompagnement émotionnel d’une période de deuil ou de transition.
En séance, le travail peut notamment permettre d’explorer les émotions associées à la situation : tristesse, colère, culpabilité, peur, sentiment d’abandon, injustice, impuissance ou encore difficulté à lâcher prise.
Grâce au test musculaire utilisé en kinésiologie, le praticien cherche à identifier les stress associés à l’objectif défini avec la personne et à orienter le travail vers les équilibrations adaptées dans le cadre de sa pratique.
L’objectif n’est pas de supprimer un souvenir ni de faire disparaître artificiellement une émotion.
Il s’agit plutôt d’accompagner la personne afin que ce qu’elle a vécu puisse progressivement être intégré sans continuer à provoquer la même charge émotionnelle.
Faire son deuil ne signifie pas oublier
C’est probablement l’une des craintes les plus fréquentes.
Accepter serait oublier.
Lâcher prise reviendrait à excuser.
Avancer signifierait que ce que nous avons vécu n’était finalement pas si important.
Pourtant, ces notions sont très différentes.
Nous pouvons garder le souvenir d’une personne sans rester enfermés dans la souffrance de son absence.
Nous pouvons reconnaître qu’une relation a compté sans souhaiter la retrouver.
Nous pouvons accepter qu’un événement ait eu lieu sans considérer qu’il était juste.
Nous pouvons également pardonner certaines choses… ou décider que le pardon n’est pas nécessaire pour avancer.
Le deuil consiste davantage à modifier progressivement la place qu’occupe l’événement dans notre histoire.
Il reste une partie de notre parcours, mais il n’a plus besoin d’en écrire toutes les pages suivantes.
Faire aussi le deuil de la personne que nous étions
Certaines expériences nous transforment profondément.
Après une séparation, un décès, une rupture professionnelle ou un changement important, nous pouvons parfois chercher à « redevenir comme avant ».
Mais il arrive que cet avant n’existe plus.
Nous avons vécu quelque chose. Nous avons appris, perdu, compris ou remis en question certaines choses.
Une partie du processus peut alors consister à ne plus chercher à retrouver exactement la personne que nous étions, mais à découvrir celle que nous sommes aujourd’hui.
Qu’est-ce qui compte désormais pour moi ?
Qu’est-ce que cette expérience m’a appris sur mes besoins ?
Quelles sont mes limites aujourd’hui ?
Qu’ai-je envie de conserver de cette histoire ?
Et qu’est-ce que je souhaite désormais laisser derrière moi ?
Ces questions peuvent progressivement transformer le deuil : il ne s’agit plus uniquement de perdre quelque chose, mais également de reconstruire autrement la suite.
Il n’existe pas de durée idéale pour faire son deuil
Quelques semaines pour certains bouleversements, plusieurs mois ou davantage pour d’autres : il n’existe pas de durée universelle.
L’importance d’une perte ne se mesure d’ailleurs pas uniquement à la durée de ce qui a été vécu.
Une relation courte peut bouleverser profondément. Un projet qui n’a jamais abouti peut avoir représenté plusieurs années d’espoir. Une décision que l’on sait nécessaire peut malgré tout provoquer beaucoup de tristesse.
Comparer son processus à celui des autres apporte rarement quelque chose.
La question peut être davantage :
« Où en suis-je aujourd’hui avec cette histoire ? »
Est-ce que je peux y penser sans être systématiquement submergé(e) ?
Est-ce que cette expérience continue à guider mes décisions actuelles ?
Est-ce que je vis encore en fonction de ce qui s’est passé ?
Est-ce que je m’autorise à envisager autre chose ?
Le temps participe au processus, mais ce que nous faisons de ce temps compte également.
Avancer ne signifie pas trahir ce qui a été vécu
Faire son deuil, ce n’est pas fermer brutalement une porte.
C’est parfois accepter de rester quelque temps devant elle.
Comprendre ce qu’elle représentait.
Pleurer ce que nous aurions aimé trouver derrière.
Reconnaître ce que nous avons réellement vécu.
Puis, progressivement, réussir à regarder autour de nous et constater qu’il existe encore d’autres portes.
Certaines expériences resteront importantes toute notre vie. Elles auront participé à construire la personne que nous sommes devenue.
Mais leur importance n’oblige pas à continuer à souffrir de la même manière.
Nous pouvons honorer ce qui a été vécu tout en choisissant de continuer à vivre.
Et parfois, avancer commence simplement par cela : reconnaître que quelque chose est terminé, accueillir ce que cette fin provoque en nous, puis nous autoriser doucement à faire de la place pour ce qui viendra ensuite.
La kinésiologie peut accompagner ce chemin en offrant un espace pour écouter ce qui reste sensible, mettre des mots sur ce qui demande encore à être traversé et travailler sur les stress émotionnels associés à cette période de transition.
Parce que faire son deuil n’est pas effacer une partie de son histoire.
C’est apprendre à continuer à l’écrire.

